dimanche 15 janvier 2017

Agnes Obel

TROP BEAU



Anselm Kiefer à Beaubourg décembre 2015








D'abord je n'avais jamais vu une exposition de AK quelques œuvres de si de là mais finalement surtout par les catalogues et les vidéos et finalement principalement par l'écoute.

En l'écoutant, sa complicité avec Daniel Arasse et cet univers post romantique donné par l'image m'ont  séduit; comme un paysage primitif que je n'ai jamais ressenti comme post apocalyptique, mais plutôt comme primordial, par quoi fait il commencer?

 La mise en évidence de la matière m'est apparue comme anecdotique histoire de faire contemporain, mais son rapport à l'histoire me plaisait beaucoup aimant aussi l'histoire, il me fit découvrir qu'un germain avait fait beaucoup mieux que Vercingétorix en mettant la pâtée aux romains ce que notre bonne histoire de France avait bien entendu oublier de nous dire.








On comprend mieux pourquoi les français sont davantage défaitistes que les allemands,  nos victoires sont toujours un feu de paille alors que nos défaites sont toujours définitives, ainsi Gergovie est une victoire mais ensuite Alésia, la guerre de Cent ans c'est Crécy et Azincourt,  Marignan est suivie de  Pavie, Austerlitz et plein d'autres mais tout fini avec Waterloo, alors biensûr il y a eu Verdun puis la victoire finale et puis l'autre mais c'était grâce aux autres et Dien Bien Phu nous a ramené à la réalité, mais cela n'a pas d'importance,
C'est l'histoire qui est intéressante pas forcément la nôtre plutôt celle des humains et c'est plus fascinant ;

Cette exposition est une série de salles qui communiquent assez peu entre elles si bien que l'on entre dans des univers, comme une mise en scène assez répétitive parce que les formats se ressemblent, il n'y a que le contenu qui change.





Les formats sont gigantesques comme si on pouvait entrer dans ces territoires, comme des cartographie comme des perspectives sans perspective, les mondes sont clos introvertis donnant l'illusion d'une profondeur, il ne s'agit pas là de faire la fenêtre de la renaissance mais un mur Pollockien ou geste et matière viennent jouer avec ces traces de constructions

Cette démarche est fascinante, parce que ce désordre est organisé, et même très structuré....

AK se sert de l'histoire pour nous raconter, pas des histoires parce qu'il ne raconte rien tout au plus il y a des symboles;
 Mais l'impression de narration est omniprésente, comme un leurre qui cacherait autre chose que certains pourrait appeler de la vacuité

Quel rapport avec Kiefer, et bien c'est cela
Cette rétrospective il l'a faite pour les français en nous présentant un travail à la fois chronologique et verbal,
 Je suis persuadé qu'en Allemagne en Russie ou en Angleterre il aurait fait autrement; Chez nous il est cistercien plutôt convers que moine certes, mais austère et grandiose.







Il a compris que les français n'aiment pas la technique, il aime bien l'illustration de texte et là il ne s'est pas privé. en travaillant sur les mythes il suffit de les nommer et de donner quelques explications affirmatives pour que tout soit digéré sans histoire et on travaille sur la ruine, la décomposition de notre monde, mais de décomposition il n'y a pas plutôt une représentation de la décomposition c'est normal vous me direz un artiste fait de l'artefact,







Sauf que pourtant il y a de la matière et pas peu d'énormes épaisseurs craquelées.... Ici la matière sert de justificatif pas en temps qu'actrice parce que qu'il ne construit pas AK, il reproduit, il reprend, il retouche, ainsi de gigantesques photos se trouvent recouvertes de matière et alors pourquoi si grandes?








La puissance de feu bien-sûr et aussi parce que reproduites et forcément réduites elles deviennent des images "réinventées" et l'on peut causer dessus sans qu'elles ne viennent s'interposer au discours; Seul le geste de l'artiste qui passe pour le coup pour un démiurge et qui peut jouer avec le concept de l'alchimie.















mercredi 21 décembre 2016

Les chainons manquants

Finalement faire une exposition ne consiste pas à accrocher ses dernier travaux, mais bien de reconstituer sa pensée et ce sont mes derniers travaux qui m'ont amené à aller chercher les chainons manquants à matérialiser ce que j'avais dans la tête et qui faisait le pont entre les réalisations de 1995 et celles de 2014. Cela m'a amené à reconsidérer des travaux que je ne trouvait pas intéressants à l'époque mais qui prennent tout leur sens maintenant avec le retour du bleu et du tirage incarnation, car ici il ne s'agit pas de restituer un fichier numérique mais bien de l'incarner.

Je prend petit à petit conscience que mon travail pléthorique va être de plus en plus difficile à présenter et qu'il me faudrait quelques exposition pour y voir clair.

Il est certain que le passage du "imprimer pour reproduire" au "imprimer pour inventer" va estomper le travail de gravure pour celui de l'estampe. la gravure devient un alibi pour imprimer.

mercredi 3 février 2016

Rocio Molina

Magnifique chorégraphie au Rive Gauche à St Etienne du Rouvray, de la trempe de Patagonia de Lisa Estaras.

 Bouleversé par Rocio Molina qui en effet révolutionne le flamenco en l'intégrant à l'histoire de la danse avec la fluidité, la tonicité de son corps sans oublier toute son équipe et ce métissage du geste inventé au traditionnel, ou se glissent ceux de Lois fuller, Caroline Carlson ou de Nijinsky sans oublier Isadora Duncan, comme un spectacle total ou la modernité a oublié "sa tabula rasa" prétentieuse ..... à deux mètres de la scène qui en donne une vision très différente de la vidéo ( trop gênée par ce qu'elle filme en voulant tout montrer elle en rompt le mouvement) ....Contrairement à Israel Galvan qui reste dans l'habit du Flamenco et en pousse les limites, Rocio est un peu comme Isadora Duncan, elle libère  le corps de la danseuse et du danseur, chamboule les points de vues, elle supprime la rigidité tout en y insufflant la vie, la palpitation, pas une parcelle d'elle même n'est en dehors jusqu'au petit doigt, un battement de cil ou la danse indienne joue un rôle fondamental, complètement absorbée par sa chorégraphie on a le sentiment qu'elle en est à l'écoute. le choc était tellement fort un peu comme "Blush" de Wim van de Keybus, les spectateurs se demandaient ce qu'ils avaient vu et on ne pouvait que rendre hommage à un tel  évènement respectueusement. (en cours)

https://youtu.be/I5_9GW6stro

lundi 6 juillet 2015

Etude à partir du "Printemps" de Théodore Rousseau 1852 Le Louvre

Une série de "Monoprint"  d'interprétation... à partir d'un tableau










Ce qui me plait chez ce peintre, c'est la présence du travail, quand on le compare à J-B Corot. 
Il est bien moins fulgurant, moins peintre, mais avant Monet c'est lui aussi, un œil, pas un œil fulgurant, un œil insistant jusqu'à l'obtention de ce qui a été regardé, pas simplement vu , sans doute un chat est un chat, mais pas n'importe quel chat. 


Quand on fait une pochade, c'est pas compliqué la fulgurance, par un geste inspiré... pour Théodore ce n'est pas une pochade, tout est travaillé rien n'est laissé au repos, alors tout compte fait je suis vraiment en face d'un paysage et non de sa représentation. 

j'en photocopie une reproduction positive, négative, surexposée, sous exposée, je cherche des effets en superposant les matrices transférées sur plastique, pour tenter de changer l'atmosphère.... pour voir....





Monoprint  "c'est la faute à Rousseau"
25 cm par 25 cm plusieurs matrices par Solvanoplastie, imprimés sur papier Wenzhou....


















































dimanche 12 avril 2015

d'un passage à l'autre


(en cours)

Je viens de remettre à jour une filiation entre des estampes de séries différentes,  réalisées au le début des années 90, parce que comme à mon habitude, je prévois une série et il y a toujours quelques avatars qui finissent par la rejoindre.

Ainsi Peregrinar IX va se prolonger avec Peregrinar IX bis

Par une autre version du bas de l'estampe autour d' une iconographie extraite de la Bible de Roda, dont j'ai parsemé mes gravures pendant une petite dizaine d'années 1988 1996



ETUDE MUDEJARE VIII (détails)

   
       
    

PEREGRINAR VIII  (détails)

        

     
 


     






J'ai imprimé les 3 premiers états de l'ETUDE MUDEJARE IX bis sur une même papier

    1er état                                        2ème état                 et            3ème état


L'idée a été de graver au dos de la matrice pour faire apparaître l'iconographie sous l'effet de la pression .....








Puis continuer la morsure au dos pour atteindre une perforation et retrouver le blanc du papier sur des endroits précis, faire apparaître un personnage à travers une croix



Ensuite, cette silhouette sera utilisée comme un pochoir sur d'autres matrices...


J'ai saupoudré de l'aquatinte sur deux gravures de mes PEREGRINAR tardives : la XIV et la XV.


Dans ma recherche du moindre geste (ne pas dessiner)

Pour arriver à une défonce complète encore signifiante, je suis parti d'une plaque de cuivre d'un demi millimètre d'épaisseur.













Voilà la matrice qui m'a servi de pochoir









  posée sur une autre plaque, on aperçois le grainage produit par l'aquatinte



Et voilà la morsure sur PEREGRINAR XV la plaque est en zinc





 L'estampe 




mais en l'imprimant sur papier fin Kawazaki, je m'aperçois que  par translucidité le travail se révèle bien davantage . 
A partir de ce moment là, les beaux papiers de gravure devenaient obsolètes , séduit que j'étais par l'apparition de  la légèreté de l'empreinte 

Révélant la moindre trace non comme un dessin mais comme un passage, ces Evènements qui ne sont pas des gestes mais des intentions.






Je renouvelais cette opération sur la PEREGRINAR XVI jamais montrée